PHEDRE

12.01.2012 - 25.02.2012

de Racine
mise en scène Ophélia Teillaud et Marc Zammit
avec Ayouba Ali (Hippolyte), Mona El Yafi (Aricie), Véronique Boutonnet (Ismène et Panope), Camille Metzger (Oenone), Ophélia Teillaud (Phèdre), Marc Zammit (Thésée et Théramène)
Costumes Corinne baudelot - Lumières Pascal Moulin

du 12 janvier au 25 février 2012
du mercredi au vendredi à 20h30, samedi à 17h et 21h, dimanche à 15h
matinées scolaires les 24 janvier et 14 février à 18h

Cherchez le monstre ! Phèdre est la soeur du Minotaure, fruit des ébats charnels de sa mère avec un taureau… passion monstrueuse orchestrée par Vénus. Devenue Reine d’Athènes, elle redoute à son tour les persécutions obscènes de la déesse de l’Amour. Thésée, son époux et Roi, vainqueur du Minotaure, glorieux séducteur, pacificateur de la Grèce, revient d’une lutte monstrueuse contre le dieu des Enfers.
Hippolyte, fils du Roi, a le sang et l’étrangeté des Amazones. Neptune, père et protecteur de Thésée, crée pour Hippolyte le plus monstrueux des monstres. Pourtant   il en reste un, plus terrible que tous les autres réunis et qui n’est pas celui que l’on croit. Plongeant dans l’insondable coeur humain, Racine en tire la plus fantastique et… monstrueuse des aventures. Et l’amour, et l’amour ?
Cessons un instant de nous tranquilliser en rangeant ses pièces au rayon « classique ». L’alexandrin de Racine est un formidable agitateur public, provocateur d’improvisation et de vertige, éveilleur de sens, de tous les sens. Racine a inventé un théâtre inégalé à ce jour, et qui n’a rien perdu de sa capacité à nous faire voyager dans les continents les plus insoupçonnés de nous-mêmes tout en continuant de nous insuffler une énergie singulière, une secrète délivrance.  Phèdre a quelque chose de brûlant, de « diabolique ». Achevant sa pièce, Racine comprend qu’il estallé beaucoup trop loin. Il se jette en larmes aux pieds de son confesseur Phèdre a quelque chose de brûlant, de « diabolique ». Achevant sa pièce, Racine comprend qu’il est allé beaucoup trop loin. Il se jette en larmes aux pieds de son confesseur pour obtenir son pardon contre la promesse de ne plus jamais toucher au théâtre.
Pourtant, son sujet n’est ni sulfureux, ni nouveau. C’est la puissance de son écriture, sa folie sonore, qui, avec  Phèdre, gagnent des hauteurs propres à mettre en péril le salut de son âme.
De fait, Racine a atteint son but : convoquer dans l’art théâtral tous les pouvoirs de transgression, de transformation et de libération que contient le langage. Inacceptable pour un pouvoir religieux qui va bientôt reprendre un ascendant sur le Roi lui-même ! Qu’en est-il aujourd’hui ? À l’heure de la parole robotisée, des langages et des pensées formatés, souhaitons-nous toujours, comme Hippolyte ou Phèdre, briser le cycle de fatalités ? Nous désenchaîner de « la loi des pères », incarnée par Thésée, antique loi accoucheuse de catastrophes et pourvoyeuse de monstres ?
Plus loin que le chaos des passions, entre mythologie et christianisme,  Phèdre dévoile les interrogations de Racine sur le destin de l’humanité et l’équilibredu monde… interrogations que nous n’avons pas épuisées. Nous affranchissantde la fatalité, Racine ouvre sa tragédie à un autre possible.
(Ophélia Teillaud et Marc Zammit)

coproduction théâtre du conte amer – centre culturel robert-desnos – théâtre de colombes la compagnie est soutenue par le conseil général de l’essonne, la communauté d’agglomération évry centre essonne et la ville de colombes

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